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Février rappelle chaque année à notre mémoire le fil des siècles de lancinantes souffrances. Avec lui revient aussi l’héritage de luttes exemplaires et lumineuses menées pour la liberté et qui nous ont laissé une plus grande part d’humanité.

Et si le Mois de l’histoire des Noirs était source d’inspiration, y compris sur le plan personnel ? On y puise tant de substance, de courage, de farouche détermination. J’en extrais toujours la force dont j’ai besoin ; peut-être y trouverez-vous un souffle vous aussi.

Quatre cents ans d’humiliation, de violence abjecte, de cruauté inouïe et de blessures profondes et sans fin. Voilà d’où nous venons. Des siècles durant, le colonialisme s’est nourri de l’odieuse pratique de l’esclavage massif de ses peuples conquis, des Noirs et des peuples autochtones considérés comme les derniers des derniers, privés de leur humanité, traités en « sauvages » et en bêtes de somme. Or, ces actes les plus cruels et les plus barbares jamais perpétrés contre des êtres humains ont aussi engendré les luttes les plus épiques et les plus valeureuses jamais menées. Contre toute attente, nos valeurs humanistes ont émergé, plus résistantes que l’acier trempé aux feux de toutes les haines.

L’histoire des Noirs est inextricable de celle que nous avons, nous les peuples du monde, en partage, l’histoire de l’humanité, l’histoire d’une seule et unique race : la race humaine, ses labeurs et son ultime triomphe.

L’histoire des Noirs montre comment la force de caractère alliée à une résistance collective opiniâtre peut transformer le monde. La bonne nouvelle, la voilà. Tant de brillants exemples d’intelligence et de persévérance face à la plus grande adversité, dont on a qu’à se saisir.

C’est un héritage que nous brûlons de faire connaître. La résistance culturelle qui nous garde en vie. L’exploit des abolitionnistes qui ont mis fin à la pratique systémique de l’esclavage, premier mouvement mondialisé. Les campagnes pour mettre fin au lynchage. Le droit de vote. La fin de la ségrégation raciale. L’actuel mouvement Black Lives Matter, son plus récent chapitre. D’innombrables récits qui ne demandent qu’à inspirer.

Voyez autour de vous. Lisez sur le sujet les nombreux livres, voyez les séries télévisées, films et documentaires, notamment ceux de l’Office national du film (ONF). Ce mois-ci et au-delà, en ligne ou en chair et en os, rejoignez les célébrations, participez à l’œuvre.

L’année 2020 a entendu un cri retentissant pour la justice, sorti tout droit des profondeurs de l’histoire. Cette année, nos voix nombreuses continueront à converger vers des actions concrètes pour éradiquer le racisme, modèle millénaire pour d’autres formes d’oppression.

En organisant le Sommet pancanadien des communautés noires, la Fondation Michaëlle Jean Foundation s’est engagée avec succès depuis 2017 à faciliter cette mobilisation, saisissant l’appel de la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine (2015-2024) lancé par l’ONU. L’objectif étant de s’assurer que les communautés noires de tout le Canada, sous l’impulsion des jeunes, de leur créativité, leur assurance et leur impatience, puissent esquisser avec force les termes d’une stratégie nationale pour l’éradication de la discrimination raciale systémique si affligeante. Après les rassemblements retentissants à Toronto, puis à Ottawa, la pandémie covid-19 nous a forcés à annuler celui prévu à Halifax en mars 2020. Il demeure jusqu’ici encore impossible de nous réunir en personne. Mais, qu’à cela ne tienne, nous allons garder l’élan avec une série des Sommets virtuels pour poursuivre la réflexion sur tous les enjeux. En 2022 nous nous retrouverons nombreux, fins prêts pour ce qui s’appellera « la Déclaration d’Halifax » du Sommet pancanadien des communautés noires.

Je vous lance cette invitation : que le Mois de l’histoire des Noirs soit pour vous le mois de notre histoire en partage. Et pourquoi pas toute l’année ? Pourquoi pas toute une vie ? Votre voix doit être entendue. Ensemble, nous sommes plus forts.